Six marques, six concept-cars dévoilés le même soir. Aucun ne sera vendu tel quel, mais tous annoncent ce que Stellantis prépare pour les prochaines années, parfois de très près.
C’est au Hangar Y, à Meudon près de Paris, que Stellantis a réuni la presse internationale le 11 octobre au soir pour sa soirée « The Night Before ». Six concept-cars y ont été présentés en première mondiale, sur les neuf que le groupe expose porte de Versailles jusqu’au 18 octobre au Mondial de l’Auto. Tour d’horizon.
Citroën 2 CV Concept, le plus proche de la série
Tous ces concepts ne se valent pas en termes de proximité industrielle, et Gilles Vidal, directeur du design pour l’Europe élargie, ne s’en cache pas. « Certains, comme la 2 CV, sont très proches de la réalité, presque prêts pour la production », explique-t-il, avant d’ajouter que le modèle de série « sera encore plus beau que le concept-car ». Longue de 3,76 m, soit une dizaine de centimètres de moins que l’originale, cette 2 CV vise la tonne sur la balance. Toit en toile enroulable, banquette avant extractible, écran carré de 8 pouces, jantes en tôle de 18 pouces, rangements de porte dimensionnés pour des œufs, les clins d’œil ne manquent pas. L’essentiel est ailleurs. Le modèle définitif arrivera en 2028, fabriqué en Europe, avec une ambition de prix de départ proche de 15 000 €, et devra répondre à la future réglementation européenne E-Car, celle qui doit faire émerger une catégorie de petites électriques abordables. Il se glissera entre l’Ami et la C3. « Réinventer la 2 CV, ce n’est pas reproduire une voiture du passé, c’est réinventer ce qui l’a rendue unique », résume Xavier Chardon, directeur général de Citroën.
Peugeot RCZ Vision, la vitrine technologique
Héritier du coupé RCZ commercialisé entre 2009 et 2015, le concept au Lion sert surtout de support aux technologies que la marque prépare. Il repose sur la plateforme STLA One et inaugure une batterie à électrolyte solide de 110 mm d’épaisseur seulement, développée avec Factorial Energy, associée à une architecture 1 000 V. Peugeot annonce 500 ch, 600 km d’autonomie, une consommation de 11,5 kWh/100 km et une recharge de 10 à 80 % en dix minutes. La direction et le freinage sont entièrement pilotés par voie électronique, une première pour la marque sur le freinage, avec une démultiplication variable selon la vitesse. À bord, l’i-Cockpit troque les dalles traditionnelles contre des écrans transparents MicroLED que le conducteur peut éteindre pour dégager complètement son champ de vision. Détail concret pour l’acheteur, le volant Hypersquare présenté ici est la version de série qui équipera la prochaine génération d’e-208. « Design et technologie peuvent s’unir harmonieusement pour créer une expérience instinctive, raffinée et intensément désirable », plaide Alain Favey, directeur général de Peugeot.
DS F3VER, le laboratoire de style
Long de 4,19 m pour 1,84 m de large, le concept de DS Automobiles cache un empattement de 2,70 m et un coffre de 400 litres, des valeurs de catégorie supérieure. Entièrement réalisé en interne, il sert de manifeste stylistique à la marque. « Avec F3VER, nous voulions pousser encore plus loin trois piliers de DS Automobiles, la désirabilité, la personnalisation et la liberté. Le résultat est un concept qui refuse les catégories conventionnelles », explique Xavier Chardon. L’avant s’organise autour d’un totem vertical portant l’emblème, prolongé par une signature lumineuse en forme de Y. L’arrière reprend la même logique avec 16 panneaux de LED maintenus par une structure en magnésium inspirée de la voûte du Grand Palais. S’y ajoutent une teinte dichroïque Bleu Cosmique qui vire du bleu au violet selon la lumière et un anneau de pavillon personnalisable. Derrière l’exercice de style se cache une méthode de travail baptisée « Design Intelligence ». « Elle vise à réduire le nombre de composants, ce qui simplifie et accélère la conception tout en renforçant la qualité perçue et la pureté des lignes », explique Thierry Metroz, directeur du style. Boucliers monobloc et disparition des plastiques rapportés en sont les premières traductions.
Fiat Multiplay, trois voitures en une
Avec 4,45 m, le concept italien revendique la filiation de la 600 Multipla de 1956 et de la Multipla de 1998, deux modèles qui avaient repensé le rapport entre encombrement extérieur et espace intérieur. Son architecture de montant C, baptisée « Metamorfosi », permet de faire coulisser le module arrière le long de glissières et de transformer en quelques gestes un familial six places en pick-up quatre places doté d’une benne ouverte. Le becquet pivote pour devenir porte-vélos. À bord, le « siège Petsenger » sert tour à tour de fixation pour siège enfant, d’espace pour un animal, de tablette ou de rangement, avec une gamelle pliable logée dans la portière. Le siège passager avant se retourne en chaise longue sous le toit panoramique. Fiat précise que ce laboratoire d’idées ne préfigure aucun modèle de série précis. « Les besoins des familles évoluent, et ce concept nous permet d’explorer des solutions qui s’adaptent à ces changements », commente Arnaud Belloni, nouveau patron de la marque.
Alfa Romeo Cuorerosso, le manifeste
Coupé 2+2 de 4,70 m de long pour 1 331 mm de haut et 1 750 kg, la Cuorerosso affiche un empattement de 2 930 mm et un Cx de 0,28, obtenu grâce à une carrosserie sans rupture, une coda tronca et un diffuseur intégré. Les designers du Centro Stile ont attaqué le projet comme un bloc à sculpter, sans roues ni vitrages, pour ne garder que l’essentiel. C’est le principe de la « Bellezza Necessaria ». Le Scudetto jaillit du capot, les poignées disparaissent au profit d’une commande tactile sur le toit et les portes s’ouvrent vers l’arrière. Dans l’habitacle, le « Cannocchiale Vivente » fusionne ses deux cadrans en un seul quand le conducteur accélère le rythme. Surtout, le concept annonce une gamme multi-énergies, du 100 % électrique à l’hybride léger, avec des modèles allant jusqu’à 4,70 m et des versions Quadrifoglio. « La technologie, la fonctionnalité et la qualité sont toujours au service des émotions et du plaisir de conduite », résume Santo Ficili, patron d’Alfa Romeo et de Maserati.
Opel STX Concept, le break de demain
Derrière ce sigle se cache le Sports Tourer eXperimental, soit la vision du break électrique selon Rüsselsheim. Opel rappelle au passage sa légitimité sur le segment, de l’Olympia Rekord Caravan de 1953 à l’actuelle Astra Sports Tourer. Le concept durcit la face avant avec un Opel Vizor plus haut et plus proéminent que sur les modèles actuels, animé de lamelles verticales lumineuses, le Blitz éclairé formant le centre de l’Opel Compass. Les rétroviseurs cèdent la place à des caméras, les montants C reçoivent des bandes lumineuses en verre et la ligne de toit plonge nettement vers l’arrière. L’aérodynamique est active, avec des diffuseurs bleus qui sortent sous la poupe au-delà d’une certaine vitesse. Transmission intégrale et plus de 200 km/h sont annoncés. « Cette étude présente des caractéristiques que l’on retrouvera dans les futurs modèles Opel », précise Florian Huettl, directeur général de la marque.