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Nommé en décembre 2024 à la tête de Stellantis Belux, Laurent Barria possède une solide expérience de près de 25 ans au sein du groupe. Ancien directeur de Citroën Belgique-Luxembourg (2018–2020) et ex‑directeur marketing et communication monde pour la Marque Citroën, il explique le positionnement et son ambition de renforcer la performance du groupe Stellantis.

Comment Stellantis s’est-il comporté au Luxembourg en 2025 ?

Laurent Barria

Très bien. Nous sommes vraiment satisfaits des performances des marques du groupe l’an dernier. Certes, plusieurs nouveaux modèles ont été lancés, mais l’explication ne se limite pas à cela. Un exemple frappant concerne les véhicules utilitaires : les quatre marques du groupe (Peugeot, Citroën, Opel et Fiat) sont passées de 25 % à 34 % de parts de marché, loin devant Renault à 18 %, sans aucun lancement majeur dans ce segment. Cela montre non seulement l’efficacité de nos produits, mais aussi la dynamique exceptionnelle de nos trois concessionnaires que sont Cars Avenue, Autopolis et Petry à Roost. Il faut aussi souligner que 2025 a été marquée par un renforcement de nos conditions commerciales, ce qui a clairement soutenu nos résultats. Au final, nous consolidons notre position de numéro deux au Luxembourg, derrière le groupe Volkswagen.

Y a-t-il une marque en particulier qui s’est démarquée ?

Laurent Barria

Oui : Peugeot. En 2025, la marque a réalisé un véritable bond, aussi bien auprès des sociétés que des particuliers, grâce à une gamme particulièrement large. D’autres marques se sont également distinguées : Opel, qui progresse de 30 % en volume, portée par l’électrification complète de ses modèles ; Alfa Romeo, tirée par la Junior, avec +25 %. L’électrique joue un rôle clé : aujourd’hui, au Luxembourg, une vente sur quatre concerne un véhicule électrique, et Stellantis dispose d’une offre très large.

Et comment 2026 a commencé ?

Laurent Barria

L’année démarre encore mieux. Les marques déjà en forte croissance — Peugeot, Opel, Alfa Romeo — poursuivent sur leur lancée. Mais surtout, Fiat double ses volumes, notamment grâce au retour du moteur thermique sur la 500 et à l’arrivée de la Grande Panda. Jeep réalise également un fois deux, portée par le nouveau Compass qui séduit autant particuliers que flottes. Enfin, Leapmotor, notre marque chinoise électrifiée, a quintuplé les commandes. Le modèle B10, qui avait démarré timidement fin 2025, cartonne depuis janvier. Nous sommes donc très confiants pour 2026.

Stellantis a connu des problèmes de fiabilité ces dernières années. Comment rassurez-vous les clients au Luxembourg ?

Laurent Barria

C’est un point important. Nous avons effectivement payé certaines erreurs de choix sous l’ancienne présidence, avec des soucis de qualité sur des véhicules produits entre 2021 et 2023. Pour restaurer la confiance, nous avons lancé une nouvelle garantie étendue jusqu’à 8 ans ou 160 000 km. Elle couvre toutes les marques du groupe, elle concerne aussi bien les particuliers que les professionnels et elle s’étend chaque année entre la 3e et la 8e année, à condition de faire l’entretien chez un réparateur agréé. Déployée depuis janvier, cette mesure a eu un impact immédiat : elle a ramené d’anciens clients et attiré de nouveaux, ce qui explique en partie notre forte croissance. Initialement prévue uniquement sur le premier trimestre, nous envisageons de la prolonger.

Comment le Luxembourg est-il considéré au sein du Benelux ?

Laurent Barria

Quand je suis arrivé il y a un an, nous avons surtout concentré nos efforts sur la Belgique, car de nombreux chantiers prioritaires étaient en cours : relancer la croissance, améliorer les conditions commerciales, préparer les lancements produits. Avec le recul, je constate que le Luxembourg n’a pas reçu assez d’attention. C’est une erreur que nous allons corriger immédiatement. Pour cela, nous sommes en train de mettre en place trois groupes de travail avec les trois concessionnaires pour améliorer notre présence et notre efficacité sur le marché luxembourgeois. Nous allons également renforcer notre réflexion marketing sur le Luxembourg et non plus uniquement centrer nos priorités sur la Belgique. Je suis convaincu que ce n’est pas la taille du pays qui doit définir l’attention qu’on lui porte.

Quelle est l’ambition de Stellantis en parts de marché ?

Laurent Barria

Nous voulons rester réalistes, car si l’on additionne les ambitions de tous les constructeurs, on arriverait à une croissance de 150 %. Plus sérieusement, nous étions à 13 % de part de marché en 2024 et à 14,5 % en 2025. L’objectif raisonnable pour l’an prochain est d’atteindre 15,5 %. La cerise sur le gâteau serait de rejoindre le niveau de la Belgique, autour de 16 %. À plus long terme, je préfère une ambition calibrée plutôt qu’un objectif déconnecté. Atteindre 17 %, soit environ la moyenne européenne de Stellantis, dans deux ou trois ans, serait un objectif réaliste, soutenu par un plan produit très fort.