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Sur le segment très concurrentiel des maxi-trails, l’arrivée d’un nouveau modèle suscite toujours une certaine curiosité. Avec la DS900X, le constructeur VOGE s’inscrit dans une dynamique de montée en gamme des marques chinoises, mise sur une fiche technique complète et un positionnement tarifaire étudié pour attirer une clientèle à la recherche d’un compromis entre performance, équipement et accessibilité.

Un design dans l’air du temps

Dès le premier regard, la DS900X adopte les codes esthétiques propres à la catégorie. La silhouette est haute, robuste, avec une posture typée aventure. La face avant, marquée par un éclairage full LED et des feux additionnels, contribue à une signature visuelle moderne et fonctionnelle. La présence d’une bulle réglable, de protège-mains et d’éléments de protection comme les crash bars ou le sabot moteur souligne une orientation tournée vers le voyage et les usages polyvalents.

L’équipement de série apparaît particulièrement fourni. L’écran TFT couleur de 7’’ occupe une place centrale dans l’interface pilote-machine. Son ergonomie et sa présentation rappellent certains standards déjà bien connus sur le marché, avec une navigation intuitive et une lisibilité soignée. La connectivité n’est pas en reste, avec Bluetooth et fonction de mirroring permettant d’afficher la navigation depuis un smartphone. À cela s’ajoutent plusieurs prises (USB, USB-C et 12V), ainsi qu’un démarrage sans clé, autant d’éléments qui renforcent la vocation pratique de la machine.

Une motorisation issue d’un partenariat industriel

La DS900X est animée par un bicylindre en ligne de 895 cm³ développant 94 ch et 94 Nm de couple. Ce bloc moteur présente une particularité intéressante : il est directement lié à celui que l’on retrouve sur certains modèles de la gamme BMW F900. Produit par Loncin, partenaire industriel du constructeur allemand, ce moteur bénéficie d’une architecture moderne avec un calage à 270°, double arbre à cames en tête et injection électronique Bosch. Ce type de configuration vise à offrir un caractère moteur proche d’un V-twin, avec un bon niveau de couple à bas et mi-régime, ainsi qu’une montée en puissance progressive. Plusieurs modes de conduite sont proposés (Route, Sport, Pluie et Enduro), permettant d’adapter la réponse de l’accélérateur et les aides électroniques selon les conditions. L’antipatinage est réglable et la présence d’un shifter up & down vient compléter l’ensemble.

Partie cycle : un ensemble cohérent

La partie cycle repose sur des composants reconnus. La suspension avant est assurée par une fourche inversée KYB de 43 mm entièrement réglable, tandis que l’arrière fait appel à un mono-amortisseur de la même marque, également ajustable. L’ajout d’un amortisseur de direction, encore peu répandu dans cette catégorie, vise à améliorer la stabilité, notamment à haute vitesse ou en conditions dégradées.

Le système de freinage est confié à Brembo, avec du double piston et double disque de 305 mm à l’avant et simple piston avec disque de 265 mm à l’arrière. L’ensemble est complété par un ABS avec fonction cornering, rendu possible grâce à une centrale inertielle. Cela permet de conserver une certaine efficacité de freinage même en courbe, un atout en matière de sécurité active. Les roues à rayons, en 21 pouces à l’avant et 17 pouces à l’arrière, confirment l’orientation mixte de la moto, capable d’évoluer aussi bien sur route que sur chemins. Avec un poids annoncé de 215 kg à sec et un réservoir de 17 litres, la DS900X se situe dans la moyenne de la catégorie.

Sur la route : priorité à la polyvalence

À l’usage, la DS900X revendique clairement une philosophie de polyvalence assumée. Sa position de conduite, droite et immédiatement naturelle, installe d’emblée un sentiment de confort, particulièrement appréciable sur les longues étapes. Cette impression est renforcée par un équipement particulièrement généreux, pensé pour simplifier la vie du pilote au quotidien : selle et poignées chauffantes, régulateur de vitesse, capteurs de pression des pneus (TPMS), sans oublier un système de détection d’angle mort qui témoigne d’un vrai souci d’assistance moderne.

Le travail des suspensions cherche un compromis crédible entre confort et maintien, avec une orientation clairement tournée vers l’adaptabilité. En parallèle, le moteur joue la carte de la souplesse et de l’accessibilité. Sans jamais impressionner, il délivre une puissance suffisante pour enchaîner les kilomètres avec sérénité, que ce soit en usage urbain, routier ou sur des trajets plus soutenus.

Les modes de conduite permettent d’affiner ce caractère. En mode Road, la moto privilégie la douceur et la progressivité. Le mode Sport libère davantage de répondant, avec des accélérations plus franches et une montée en régime plus expressive. Le mode Pluie adoucit nettement la réponse de l’accélérateur afin de sécuriser les conditions délicates, tandis que le mode Enduro désactive l’ABS et le contrôle de traction pour ouvrir la porte aux chemins.

Sur le plan des sensations, le bloc se révèle plaisant dans sa plage la plus vivante, entre 4 000 et 7 000 tr/min, où l’admission devient plus présente et où la moto semble trouver son rythme naturel. En mode Sport, de légers crépitements à la décélération viennent ajouter une touche de caractère bienvenue, sans excès.

La bulle haute, réglable sur deux positions, se montre efficace jusqu’à environ 90 km/h. Au-delà, même en position haute, les turbulences finissent par atteindre le casque, rendant les longues liaisons autoroutières plus fatigantes, y compris avec un équipement de qualité.

Le shifter, de son côté, remplit parfaitement son rôle, mais demande un minimum de précision : sensible, il peut couper l’allumage au moindre contact involontaire du sélecteur, afin de faciliter le passage de rapport.

Autre point notable, le contrôle de traction se montre particulièrement conservateur. Lors de l’essai, il n’a pas été possible d’en ajuster finement l’intervention, celui-ci intervenant de manière assez marquée, avec une logique clairement orientée sécurité.

Reste que l’ensemble de ces aides électroniques contribue à une prise en main progressive et rassurante. Une approche cohérente avec l’ADN de la DS900X, qui vise avant tout les motards en quête de facilité, de polyvalence et de sérénité au quotidien.

Un positionnement tarifaire compétitif

L’un des arguments majeurs de la DS900X réside dans son prix de lancement, annoncé à partir de 10 599 € au Luxembourg. À ce niveau d’équipement, ce positionnement apparaît compétitif face à certaines concurrentes européennes ou japonaises souvent beaucoup plus onéreuses à dotation équivalente.

Avec la DS900X, VOGE propose une interprétation moderne du maxi-trail, en s’appuyant sur des technologies éprouvées et un niveau d’équipement particulièrement complet. Sans révolutionner le segment, ce modèle illustre l’évolution des constructeurs chinois, capables aujourd’hui de proposer des motos techniquement abouties et accessibles. Reste à observer son comportement et sa fiabilité sur la durée et sa capacité à s’imposer face à des références solidement établies.

Caractéristique technique :

Cylindrée : 895 cm3
Nombre de cylindre : 2 en ligne
Puissance : 94 ch à 8 250 trs/mn
Couple : 94 Nm à 6 250 trs/mn
Capacité réservoir avec réserve : 17 L
Poids tous pleins faits : 215 kg (sans carburant)
Hauteur de selle : 825 mm
Norme antipollution : EURO 5+
Consommation suivant WMTC (World Mortorcycle Test Cycle) : 4,9 L/100 km
Émission CO2 suivant WMTC : 99 g/km

On aime / on n'aime pas :

On aime :

– Prix agressif
– Polyvalent
– Équipement complet

On n’aime pas :       

– Construction chinoise
– Shifter up sensible
– Contrôle de traction qui coupe l’accélération assez fréquemment
– Turbulences même avec la bulle en position haute