Plongez dans la légende automobile
L’ACL organise une exposition exceptionnelle réunissant quelques-unes des plus belles icônes de l’histoire automobile. Du 24 avril au 4 mai, une quinzaine de voitures seront exposées au City Concorde pour l’exposition Classic Car Expo by ACL.
Du charme intemporel de l’Alfa Touring Spider à la fougue brute de la Dodge Viper, en passant par la mythique Ford Escort RS 2000, la sculpturale Fiat Dino Spider ou la redoutable Porsche 930 Turbo, chaque modèle raconte une époque, un style… et une manière différente d’aimer la route. Les passionnés retrouveront aussi la Volvo Amazon, l’élégante Opel Kapitän, l’audacieuse Citroën CX 25 GTI, la sportive BMW Z3 M, sans oublier deux noms qui font rêver à eux seuls : Corvette et Lotus.
Que vous soyez amateur, curieux, nostalgique ou simple promeneur, cette sélection unique vaut le détour. Venez découvrir ces machines d’exception, prendre le temps d’admirer leurs lignes, leurs histoires… et peut-être retrouver un petit morceau de votre jeunesse.
Voici un avant-goût des modèles qui seront exposés
Alfa Romeo 2000 Spider Touring – 1958
Née en 1958, cette Alfa Romeo 2000 Spider est l’une des plus belles expressions du savoir-faire italien d’après-guerre. Sa carrosserie, d’une élégance rare, a été dessinée et réalisée par Touring, le prestigieux carrossier milanais réputé pour sa technique Superleggera, qui allie légèreté structurelle et pureté des lignes. Le résultat est une silhouette à la fois racée et aérienne, typique de l’âge d’or du design automobile transalpin.
Sous le capot, un quatre cylindres de 2 000 cm³ développe 112 chevaux, transmis aux roues arrière par une boîte à cinq rapports — un raffinement mécanique remarquable pour l’époque. La direction manuelle offre un ressenti direct et sans filtre, plaçant le conducteur au cœur de l’expérience de conduite. On est ici dans la pure tradition des spider italiens : plaisir, légèreté et caractère.
Cette version européenne a connu une première vie au Portugal avant d’être importée au Luxembourg, où elle est immatriculée depuis une dizaine d’années. Elle témoigne d’une époque où Alfa Romeo conjuguait performance et beauté avec une aisance naturelle, faisant de chaque modèle une œuvre à part entière.
Chevrolet Corvette C2 « Sting Ray » – 1963
Icône absolue de l’automobile américaine, la Corvette C2 Sting Ray marque en 1963 une rupture esthétique et technique dans l’histoire de Chevrolet. Ses lignes sculptées, tendues et agressives, inspirées d’un concept car de 1959, en font l’une des sportives les plus reconnaissables de tous les temps. La carrosserie, entièrement réalisée en fibre de verre, allie légèreté et audace formelle.
Sous le capot, un V8 de 5,3 litres développe 360 chevaux, alimenté par un système d’injection Rochester. De quoi atteindre une vitesse de pointe de 217 km/h et abattre le 0 à 100 km/h en environ six secondes — des chiffres impressionnants pour l’époque. La transmission arrière et la boîte à quatre rapports complètent un ensemble résolument orienté vers la performance, tandis que la direction assistée apporte un confort bienvenu.
Cet exemplaire a été immatriculé pour la première fois en Floride en juin 1963, avant d’être acquis auprès d’un particulier au Grand-Duché. Les freins, la direction et la suspension ont été revus par de précédents propriétaires. Notons que cette voiture a notamment participé à l’ACL Classic Tour.
Dodge Viper RT/10 – 1994
La Dodge Viper RT/10 de première génération est une sportive américaine sans concession. Pas d’ABS, pas d’antipatinage, pas de direction assistée : cette voiture de 410 chevaux exige du pilote un engagement total. Son V10 de près de huit litres développe un couple phénoménal de 630 Nm, transmis aux roues arrière via une boîte manuelle à six rapports. C’est une machine brute, conçue pour les puristes qui aiment sentir chaque vibration de la mécanique.
Cet exemplaire est un modèle européen, ce qui en fait une rareté. Livré en Suisse en 1994, il a rejoint le Luxembourg quelques années plus tard. Particularité notable : les Viper destinées au marché européen étaient commercialisées sous la marque Chrysler et non Dodge — d’où l’inscription « Chrysler Viper » sur la carte grise. À l’origine, la sortie d’échappement se faisait par l’arrière, les sorties latérales (sidepipes) étant alors interdites en Europe. Lorsque la réglementation a évolué, des sidepipes ont été montées, laissant une découpe rectangulaire visible dans le pare-chocs arrière. L’ensemble est resté d’origine, à l’exception de l’intérieur qui a été rénové. En 2026, sa sera la première participation de cette Viper à l’ACL Classic Tour.
Ford Escort RS 2000 – 1974
La Ford Escort RS 2000 occupe une place à part dans l’histoire du sport automobile. Déclinaison hautes performances de la populaire Escort, elle a été conçue pour briller aussi bien sur les circuits que dans les spéciales de rallye — et elle l’a fait avec brio, accumulant les victoires tout au long des années 1970. Sous son capot, un quatre cylindres de près de deux litres développe 132 chevaux, une puissance transmise aux roues arrière via une boîte manuelle à quatre rapports. La direction directe et le châssis affûté offrent un comportement vif et précis, fidèle à la philosophie des sportives Ford de cette époque.
Cet exemplaire a été acquis en Allemagne en 2024, dans l’état où il se présente aujourd’hui. Il a fait l’objet d’une restauration soignée entre 2010 et 2013 par un précédent propriétaire : des travaux de soudure ont été réalisés sur la carrosserie et l’ensemble a été entièrement relaqué. Son propriétaire actuel n’en est pas à sa première apparition sur l’ACL Classic Tour — c’est sa troisième participation au total, après deux éditions au volant d’une Ford Escort RS 2000 MK2.
Renault Alpine GTA V6 Turbo – 1986
Héritière directe de la mythique A310, l’Alpine GTA V6 Turbo représente le renouveau de la marque dieppoise au milieu des années 1980. Sous sa carrosserie en matériaux composites aux lignes fuselées, elle abrite un V6 de 2 458 cm³ suralimenté par turbocompresseur, développant 200 chevaux. La boîte manuelle à six rapports et le moteur en position arrière confèrent à cette GT française un tempérament vif et un caractère bien trempé. Élégante et performante, la GTA a su séduire les amateurs de conduite exigeants, tout en restant une voiture de grand tourisme confortable au quotidien.
Cet exemplaire a une histoire familiale : il appartenait à l’oncle de son propriétaire actuel, grand passionné de la marque Alpine. Mise à l’arrêt en 2003, la voiture a été soigneusement stockée à l’abri dans un garage, préservée du soleil et de l’humidité pendant près de vingt ans. En 2022, elle a bénéficié d’une révision mécanique complète chez Schäfer Tuning en Allemagne, un atelier spécialisé dans la préparation et la restauration d’anciennes Alpine. Depuis, elle sillonne à nouveau les routes de la Grande Région et affiche aujourd’hui un peu plus de 95 000 km au compteur.
Fiat Dino Spider 2000 – 1967
La Fiat Dino Spider est le fruit d’une alliance historique entre Fiat et Ferrari. Dans les années 1960, Ferrari avait besoin de produire 500 exemplaires d’un V6 pour l’homologuer en compétition, mais n’en avait pas les moyens. Fiat releva le défi : en échange, le géant turinois obtint le droit d’utiliser cette noble mécanique pour ses propres modèles. Ainsi naquit la Fiat Dino, présentée en 1966 pour le centenaire de la naissance de Giovanni Agnelli. Le nom « Dino » rend hommage à Alfredo Ferrari, fils d’Enzo, disparu à 24 ans, qui avait suggéré le développement de ce V6.
La version Spider, dessinée par Pininfarina, arbore des lignes galbées et une face avant distinctive avec quatre optiques rondes. Sous le capot, le V6 de 1 987 cm³ développe 160 chevaux, transmis aux roues arrière via une boîte manuelle à cinq rapports. Elle atteint 205 km/h et franchit le 0 à 100 km/h en 8,9 secondes. L’intérieur, typiquement italien, mêle boiseries, compteurs circulaires, chromes et cuir. Produite à seulement 1 163 exemplaires en version 2,0 litres entre 1966 et 1969, la Fiat Dino Spider est aujourd’hui une rareté — une sportive dotée d’un véritable moteur Ferrari.
Triumph Stag MK1 – 1973
La Triumph Stag incarne tout le charme de l’automobile britannique des années 1970, cet équilibre si particulier entre élégance, sportivité et art de vivre à l’anglaise. Sous son capot loge un V8 de 2 997 cm³ développant 109 kW, accouplé à une boîte manuelle à quatre rapports et une direction assistée. Sa silhouette de grand tourisme décapotable, avec son arceau de sécurité caractéristique, lui confère une allure immédiatement reconnaissable. Le modèle a d’ailleurs acquis une aura particulière en apparaissant dans un film de la saga James Bond, renforçant son image de voiture glamour et désirable.
Cet exemplaire, d’origine anglaise, a bénéficié d’une restauration complète — carrosserie et moteur — réalisée aux Pays-Bas en 1994. Il a ensuite été acquis par The Cartell au Luxembourg, un club automobile privé offrant à ses membres le privilège de conduire des voitures classiques et sportives d’exception, avant d’être revendu en 2018 à des passionnés. Son propriétaire actuel l’a acquise sur un coup de cœur, auprès d’un ami. La voiture est restée d’origine, à l’exception du circuit de refroidissement, entièrement revu pour pallier le point faible historique de ce modèle. Cette année sera sa première participation à l’ACL Classic Tour.
Volvo Amazon (P120) – 1965
La Volvo Amazon est l’une des 667 332 unités produites entre 1956 et 1970, un modèle qui a marqué l’histoire automobile à plus d’un titre. C’est en effet Volvo qui, dès 1958, fut le premier constructeur mondial à équiper ses Amazon de ceintures de sécurité à trois points en série. Initialement commercialisée sous le nom « Amazone » en Suède, l’appellation fut interdite à l’export en raison d’un conflit de marque avec un constructeur allemand de motocyclettes. Malgré les dénominations alternatives parfois déroutantes (121, 122, 131…), c’est bien sous le nom d’Amazon qu’elle est restée dans les mémoires.
Cet exemplaire, équipé d’un quatre cylindres de 90 ch et d’une boîte manuelle à quatre rapports sans direction assistée, a été acheté neuf à Östersund en Suède en mai 1965, puis immatriculé à Boden, dans le nord du pays, à 2 500 km du Luxembourg. Conçue pour le climat nordique, elle disposait d’un chauffage moteur complémentaire à brancher sur le réseau 220V domestique. Importée au Grand-Duché en 1992, elle a été acquise par son propriétaire actuel en 1994, via une petite annonce au charme d’époque. Le moteur B18A d’origine a depuis été remplacé par un B20A, et la carrosserie a fait l’objet de travaux de restauration pour contrer la corrosion, sans chercher à faire mieux que l’original. Aujourd’hui, cette Amazon fête ses 60 ans et s’apprête à participer pour la huitième fois à l’ACL Classic Tour.
BMW Z3M Roadster (E36/7) – 1998
Popularisée dès 1995 par le film James Bond « GoldenEye », la BMW Z3 Roadster a connu un succès planétaire avec près de 279 000 exemplaires vendus jusqu’en 2002. Certains y voient la descendante de la mythique BMW 507 des années 1950, d’autres la filiation directe de la Z1 — « Z » pour « Zukunft », l’avenir en allemand. La version M Roadster, apparue en 1997, représente le sommet de la gamme : sous le capot, le six cylindres en ligne S50B32 de 3 201 cm³ développe 321 chevaux et 350 Nm de couple, transmis aux roues arrière via une boîte manuelle ZF à cinq rapports. Produite à seulement 15 000 exemplaires jusqu’en 2000, la Z3M n’a jamais reçu le restylage appliqué aux autres modèles à partir de 1999, ce qui lui confère une identité visuelle à part. Toutes les Z3 ont été assemblées en Caroline du Sud, aux États-Unis.
L’exemplaire présenté ici n’affiche que 70 000 km en 27 ans et bénéficie d’une configuration exceptionnellement rare : teinte Cosmosschwarz Metallic et cuir bicolore Walknappa Evergreen, une combinaison qui n’existe qu’à 52 exemplaires hors des États-Unis. Entièrement d’origine, soigneusement entretenue chez des concessionnaires BMW, elle a été importée d’Allemagne en 2025 par un passionné qui, après une Z3 1.9 puis une Z3 2.8, a franchi le pas vers la version ultime. Cette année sera sa première participation à l’ACL Classic Tour.
Lotus Esprit Turbo S/E (Type 82) – 1989
La Lotus Esprit Turbo S/E marque une étape décisive dans l’histoire de la marque britannique : son premier pas dans l’univers des supercars. Redessinée par l’équipe de Peter Stevens, elle adopte des proportions plus généreuses que sa devancière, dans un souci de confort accru, tout en conservant cette allure angulaire et spectaculaire propre à l’Esprit. Mécaniquement, le quatre cylindres 2,2 litres d’origine Chrysler, coiffé d’une culasse Lotus à 16 soupapes, reçoit un intercooler air/eau et une injection électronique. Le résultat est remarquable : 263 chevaux en configuration standard, 285 en overboost, pour un rendement spécifique de 121,4 ch/l qui restera longtemps parmi les meilleurs de la production en série. La transmission est assurée par une boîte à cinq rapports issue de la Renault 25.
Fidèle au credo de Colin Chapman — « light is right » —, la Lotus conjugue un châssis en acier ultra léger et une carrosserie en polyester, offrant un rapport poids/puissance redoutable pour l’époque. L’habitacle, tendu de cuir Connolly et rehaussé de bois précieux, établit de nouveaux standards de luxe au sein de la gamme Lotus, prouvant qu’une sportive radicale peut aussi être un écrin de raffinement.
Citroën CX 25 GTI Turbo 2 – 1988
La Citroën CX 25 GTI Turbo 2 représente l’aboutissement ultime de la gamme CX, le chant du cygne d’une berline qui n’a jamais cessé de repousser les conventions. Lancée en 1974, la CX avait déjà marqué les esprits par sa silhouette profilée signée Robert Opron, sa suspension hydropneumatique au confort légendaire et sa direction DIRAVI au toucher incomparable. Avec la version Turbo 2, apparue en 1986, Citroën pousse l’expérience un cran plus loin : le quatre cylindres de 2 500 cm³, suralimenté par turbocompresseur et doté d’un intercooler, développe 168 chevaux. De quoi propulser cette grande routière au-delà des 220 km/h, tout en conservant ce confort de croisière qui fait la légende des CX.
L’habitacle, avec son tableau de bord à lunule et ses commandes satellites futuristes, témoigne d’une vision ergonomique en avance sur son temps. La CX Turbo 2 n’est pas simplement rapide — elle avale les kilomètres avec une aisance souveraine, portée par sa suspension qui efface les imperfections de la route comme nulle autre.
Cet exemplaire, daté du 15 juillet 1988, est une version d’origine allemande qui a bénéficié d’une restauration complète avant d’être revendue dans le sud de la France, où son propriétaire actuel l’a récupérée en 2024. C’est sa première participation à l’ACL Classic Tour en 2026.
Opel Kapitän – 1963
L’Opel Kapitän occupe une place singulière dans l’histoire automobile allemande. Apparue pour la première fois en 1938, elle incarnait l’ambition d’Opel de proposer une grande berline de prestige accessible, à une époque où ce segment était largement dominé par Mercedes-Benz. Après la guerre, le Kapitän devient l’un des symboles du miracle économique allemand, séduisant familles et hommes d’affaires par son élégance discrète, son habitacle spacieux et ses six cylindres en ligne d’une souplesse remarquable. Au fil de ses générations, le modèle évolue avec son temps, passant des lignes sobres de l’après-guerre à des formes plus généreuses dans les années 1950 et 1960, influencées par le style américain — chromes abondants, pare-brise panoramique et silhouette imposante.
Cet exemplaire a connu une histoire mouvementée. Initialement propriété d’un résident de Steinsel, il a été retrouvé par son propriétaire actuel aux alentours de Paris, après plus de vingt ans d’immobilisation. Rapatrié au Luxembourg, le Kapitän a bénéficié d’une rénovation intégrale — carrosserie, mécanique et peinture — lui redonnant tout son éclat d’antan. Ainsi ressuscité, il a déjà participé quatre fois à l’ACL Classic Tour, preuve que cette grande berline allemande a retrouvé une seconde jeunesse sur les routes du Grand-Duché.
Porsche 911 Turbo (Type 930)
Lorsque Porsche dévoile la 911 Turbo en 1975, c’est un véritable séisme dans le monde automobile. Première voiture de série européenne équipée d’un turbocompresseur, la Type 930 redéfinit les standards de la performance avec son flat-six de 3,3 litres développant jusqu’à 300 chevaux. Ses ailes arrière généreusement élargies et son aileron en queue de baleine sont devenus des icônes du design. Au volant, le moteur en porte-à-faux arrière et l’arrivée brutale du turbo en font une voiture au caractère entier, réservée aux pilotes avertis — c’est précisément cette nature indomptée qui a forgé sa légende.
Cet exemplaire est un véritable coup de cœur pour son propriétaire, qui avait depuis l’adolescence le poster d’une 930 Turbo au mur de sa chambre, aux côtés d’une Countach et d’une Testarossa. Acquise il y a trois ans chez un spécialiste en Belgique, cette 930 arbore une rare configuration « bleu de Prusse » avec intérieur assorti, livrée neuve en Allemagne avant de transiter par l’Italie puis la Belgique. Restée conforme à l’origine, elle a bénéficié d’une importante remise à niveau mécanique — boîte de vitesses, embrayage, révision moteur, réservoir et électronique — réalisée par un spécialiste Porsche, dans le respect de son authenticité. C’est sa première participation à l’ACL Classic Tour en 2026.