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Lors d’un contrôle mené le 3 juillet sur l’autoroute A3, la police grand-ducale a sanctionné 44 conducteurs qui empruntaient sans passager la voie réservée au covoiturage. Quinze mois après son ouverture, le dispositif peine toujours à être respecté.

Le constat est sans appel. Vendredi 3 juillet, entre 16 et 20 heures, six agents de la police de la route ont contrôlé l’utilisation de la voie de covoiturage aménagée sur l’A3, entre l’aire de Berchem et la Croix de Gasperich. En quatre heures, 44 conducteurs ont reçu un avertissement taxé pour avoir circulé seuls sur cette voie réservée aux véhicules transportant au moins deux personnes ainsi qu’aux bus. Cela représente en moyenne une infraction constatée toutes les cinq à six minutes, en pleine heure de pointe de fin de journée.

La facture s’élève à 74 euros minimum par conducteur, sans retrait de points. Le ministère de la Mobilité avait annoncé la couleur dès l’ouverture du dispositif : aucune tolérance n’est appliquée. Dans un premier temps, le respect de la règle est vérifié par des patrouilles de police. Une deuxième phase prévoit l’installation d’équipements de terrain pour contrôler l’usage de la voie et sanctionner les infractions, sans que le type de dispositif ait été précisé à ce stade.

Téléphone au volant : 250 euros et 4 points

Le contrôle a également mis au jour une série d’infractions annexes. Quatre conducteurs ont été verbalisés pour usage du téléphone au volant, une infraction sévèrement sanctionnée depuis le durcissement de la loi entré en vigueur en novembre 2023 : 250 euros d’amende et un retrait de 4 points sur le permis de conduire.

Trois conducteurs n’ont pas été en mesure de présenter leur permis de conduire, ce qui vaut un avertissement taxé de 49 euros. Deux véhicules circulaient avec une vignette fiscale périmée, une infraction sanctionnée de 74 euros. Plus lourd encore, deux véhicules n’étaient pas couverts par un certificat de contrôle technique valide : 145 euros d’amende et un retrait de 2 points. Quatre véhicules portaient enfin des plaques d’immatriculation non conformes (49 euros) et cinq présentaient des défauts techniques touchant les pneus, les vitrages ou l’éclairage, des manquements qui donnent lieu à un avertissement taxé ou à un rapport de sommation imposant une remise en conformité.

Un dispositif ouvert en mars 2025

Ouverte le 23 mars 2025 avec la mise en service du premier tronçon élargi à 2×3 voies de l’A3, entre la Croix de Gasperich et l’aire de Berchem, la voie de covoiturage est aménagée sur la voie de gauche et opérationnelle 24 heures sur 24. Elle est accessible aux véhicules occupés par au moins deux personnes ainsi qu’aux bus. Les covoitureurs ne sont toutefois pas obligés de l’emprunter. La vitesse y est limitée à 90 km/h, ramenée à 70 km/h aux heures de pointe. Dans le sens aire de Berchem vers Croix de Gasperich, une voie supplémentaire réservée aux bus a par ailleurs été aménagée sur la bande d’arrêt d’urgence.

Le choix d’implanter la voie de covoiturage à gauche, contrairement à d’autres exemples de la Grande Région comme le tronçon entre Arlon et Sterpenich, répond à une logique d’exploitation : éviter les conflits avec les entrées et sorties d’autoroute, situées à droite, et préserver la fluidité de la voie réservée.

L’objectif affiché du gouvernement est double : fluidifier un axe emprunté quotidiennement par des dizaines de milliers de frontaliers et encourager le partage des trajets, alors que le taux d’occupation moyen des voitures au Luxembourg plafonne autour d’environ 1,2 personne par véhicule. Les chiffres du contrôle du 3 juillet montrent que le message n’est pas encore passé auprès de tous les automobilistes. La police annonce que les contrôles se poursuivront à un rythme régulier.