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Le régime d’aides pour l’acquisition de véhicules à zéro émission de CO2 est arrivé à échéance le 30 juin 2026. Le projet de loi qui le reconduit pour quatre années supplémentaires a été adopté par la Chambre des Députés le 29 octobre 2026. Il maintient les montants, impose une règle claire pour le leasing et permettra, dès 2027, de toucher la prime directement chez le concessionnaire.

Bonne nouvelle pour ceux qui envisagent de passer à l’électrique : les primes ne disparaissent pas. Le régime « Klimabonus Mobilitéit » est prolongé jusqu’au 30 juin 2030. La Chambre des Députés a adopté le projet de loi n° 8725 le 29 octobre 2026, par 55 voix pour et 5 abstentions (ADR). Il s’applique avec effet rétroactif et concerne les véhicules dont le contrat de vente, de location ou de leasing est signé entre le 1er juillet 2026 et le 30 juin 2030.

Pourquoi prolonger ? Parce que la voiture électrique marque le pas. En 2025, elle représentait environ 27 % des immatriculations neuves, exactement comme en 2024. La tendance s’est toutefois améliorée en 2026 : sur les neuf premiers mois de l’année, plus de 30 % des voitures neuves immatriculées étaient 100 % électriques, avec un record de 36,5 % en septembre. Or les transports pèsent environ 60 % des émissions de gaz à effet de serre attribuées au Luxembourg, et le pays s’est engagé à réduire ses émissions de 55 % d’ici 2030 par rapport à 2005. Sans coup de pouce financier, difficile d’y arriver.

Toujours 6 000 euros pour les voitures 100 % électriques

Les montants en vigueur depuis octobre 2024 sont reconduits à l’identique. La prime de 6 000 euros reste réservée aux voitures 100 % électriques les plus sobres, celles qui consomment au maximum 16 kWh/100 km. Il s’agit pour l’essentiel de modèles compacts. Elle est aussi accordée, quelle que soit leur consommation, aux voitures électriques d’au moins sept places, à condition que le demandeur fasse partie d’un ménage d’au moins cinq personnes, une exception pensée pour les familles nombreuses. Les camionnettes électriques et les voitures à hydrogène y ont également droit.

Une prime de 3 000 euros est prévue pour les voitures consommant entre 16,1 et 18 kWh/100 km. Ce plafond monte à 20 kWh/100 km si la puissance du véhicule ne dépasse pas 150 kW, soit environ 204 ch. Au-delà de ces seuils, pas de prime : les grandes voitures et les modèles sportifs, qui représentent moins de 10 % du marché électrique, restent exclus du régime.

Le reste ne bouge pas non plus. La prime de 1 500 euros pour les voitures électriques d’occasion d’au moins trois ans est reconduite, tout comme les aides pour les quadricycles, motos et cyclomoteurs électriques (50 % du prix hors TVA, avec un plafond de 1 000 euros). Les primes pour les vélos et vélos électriques (maximum 600 euros) restent réservées aux ménages qui touchent l’allocation de vie chère ou la prime énergie. L’aide pour les vélos cargo, plafonnée à 1 000 euros, est elle aussi maintenue.

Dès 2027, la prime déduite directement de la facture

La principale nouveauté touche directement au portefeuille. À partir du 1er janvier 2027, il ne sera plus nécessaire d’avancer la prime. Sur le modèle de ce qui existe déjà pour les panneaux solaires, les concessionnaires participants pourront déduire directement le montant de l’aide de la facture finale, avant de se faire rembourser par l’État. Fini l’attente entre l’achat du véhicule et le versement de la prime. Cette option sera réservée aux particuliers achetant une voiture ou une camionnette neuve. Elle coexistera avec la procédure classique via myGuichet, le montant de l’aide restant identique dans les deux cas. Les concessionnaires intéressés peuvent s’inscrire depuis le 1er octobre 2026 dans un registre tenu par l’AEV. Pour le rapporteur du texte, Paul Galles (CSV), cette procédure « vise à réduire l’avance de liquidités, en particulier pour les ménages disposant de moyens financiers limités ».

À la suite de l’avis du Conseil d’État, un amendement gouvernemental du 24 juin 2026 a par ailleurs apporté deux retouches utiles. La première mise en circulation du véhicule pourra intervenir jusqu’au 30 juin 2031, ce qui laisse une marge en cas de délais de livraison. Et la période pendant laquelle l’administration peut contrôler les informations fournies passe de dix à cinq ans.

Leasing : la prime doit revenir au conducteur, noir sur blanc

Le leasing fait l’objet d’un autre changement important. Petit rappel : dans un contrat de leasing, le propriétaire du véhicule n’est pas le conducteur, mais la société de leasing. La prime peut être demandée par l’un ou par l’autre, à condition que l’autre partie y renonce. Jusqu’ici, rien ne garantissait noir sur blanc que la prime touchée par la société de leasing profite réellement au client. C’est désormais chose faite. Le nouveau texte prévoit que « en cas de leasing ou de location, lorsque l’aide est sollicitée par le propriétaire du véhicule, elle est transférée entièrement au preneur de leasing ou de la location moyennant une réduction du prix de location ou de leasing. Ce transfert intégral de l’aide est indiqué de manière non équivoque sur le contrat de location ou de leasing ».

Concrètement, si la société de leasing encaisse la prime, elle doit la reverser intégralement au client sous forme de réduction du loyer mensuel, et le contrat doit mentionner clairement le montant de l’aide et son transfert. Selon les précisions de l’Administration de l’environnement (AEV), cette obligation vaut pour tous les contrats de leasing conclus depuis le 1er juillet 2026, y compris pour les véhicules d’occasion. Un conseil pratique en découle : avant de signer, vérifiez que la prime figure bien sur votre contrat.

Les conditions de durée, elles, ne changent pas. Le contrat de leasing ou de location doit porter sur au moins 36 mois pour un véhicule neuf et 24 mois pour un véhicule d’occasion, faute de quoi la prime n’est pas due. Si le contrat s’arrête avant ces échéances, l’aide doit être remboursée, sauf si le conducteur rachète le véhicule en levant l’option d’achat.

Combien ça coûte ?

Le coût du régime, financé par le fonds climat et énergie, est estimé à 32 millions d’euros pour le second semestre 2026 (sur une enveloppe globale de 64 millions pour l’année), puis à 74 millions en 2027, 84 millions en 2028, 94 millions en 2029 et 52 millions pour le premier semestre 2030, sur la base d’une part de marché de l’électrique qui passerait de 30 % en 2026 à 50 % en 2030.