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Derrière les six concept-cars présentés à Meudon, le groupe déroule un plan industriel précis, deux nouvelles plateformes et une promesse d’électriques abordables fabriquées en Europe.

Un hangar à dirigeables de 1879 pour parler d’avenir, l’image ne manquait pas d’ironie. Au Hangar Y, à Meudon près de Paris, Stellantis a profité de la veille du Mondial de l’Auto pour exposer six concept-cars et, surtout, la méthode qui les a produits.

Six marques, six écritures

« Six réponses différentes à un objectif commun, créer dès maintenant les futures icônes de nos marques. » Gilles Vidal, directeur du design pour l’Europe élargie, insiste sur la différenciation. Chaque marque arrive avec son vocabulaire. Peugeot pousse son langage « Feline Future », Alfa Romeo théorise la « Bellezza Necessaria », une beauté qui élimine le superflu, Opel durcit son registre « bold and pure », DS Automobiles revendique une « Design Intelligence » visant à réduire le nombre de composants, Citroën assume la simplicité joyeuse. « Le design est une discipline à 360 degrés, des proportions au plus petit bouton, jusqu’au moindre élément graphique d’un écran », rappelle Gilles Vidal, qui évoque sans détour la volonté de « donner une âme » aux voitures du groupe. Lancia, Maserati et Jeep n’étaient pas de la fête, mais des projets sont en cours, a-t-il glissé.

Cette diversité n’est pas qu’une affaire de goût. Elle constitue le premier pilier du plan FaSTLAne 2030 présenté en mai dernier. « Chacune de nos marques possède une identité et une mission distinctes », rappelle Emanuele Cappellano, directeur des opérations pour l’Europe élargie. D’ici 2030, le groupe annonce plus de 50 lancements en Europe, une couverture du marché élargie de 25 % et une couverture en motorisations augmentée de 35 %.

Deux plateformes, deux promesses

Le deuxième pilier est industriel. STLA One, qui sous-tend le Peugeot RCZ Vision, doit permettre de proposer de nouvelles prestations tout en abaissant les coûts de 20 % par rapport à la génération actuelle de produits. La seconde plateforme, baptisée iCar, intéresse plus directement l’acheteur européen. Conçue pour des citadines électriques à bas coût produites en Europe, elle portera notamment la future 2 CV de série attendue en 2028, sous les 15 000 €.

John Elkann, président du conseil d’administration, y voit une réponse politique autant qu’industrielle. « Nous voulions fermement apporter une réponse aux millions d’Européens qui cherchent une voiture électrique abordable », a-t-il déclaré, évoquant une responsabilité partagée avec les institutions européennes. Message limpide à destination de Bruxelles, qui travaille encore à son cadre réglementaire sur les petites électriques.

Une position à défendre

Le troisième pilier, moins spectaculaire, consiste à mieux remplir les usines, en les reconvertissant ou en partageant des capacités avec des partenaires. Stellantis a vendu 2,5 millions de véhicules en Europe en 2025, soit près de la moitié de son volume mondial, et revendique une progression des ventes de plus de 7 % au premier semestre 2026 pour une part de marché en hausse de 0,3 point. Deuxième constructeur du continent, premier sur l’utilitaire léger et la citadine, numéro un en France et en Italie, le groupe sait aussi que 34 millions d’Européens roulent aujourd’hui dans l’une de ses voitures.

Reste l’exécution, dans un contexte qu’Emanuele Cappellano qualifie lui-même d’orageux sur le plan géopolitique, avec une transition énergétique inégale et un cadre réglementaire européen encore flou. « Nos marques sont portées par un héritage remarquable, mais nous ne sommes pas définis par le passé », veut-il croire.