Essai de la Kawasaki Ninja SX 1100 SE (2026)
Notre essai de la Kawasaki Ninja SX 1100 SE répond à une question de principe : ce modèle mérite-t-il encore l’appellation Ninja, alors qu’au lieu du demi-guidon et de la position couchée habituelle, on trouve ici un guidon large et haut, une position quasi droite, ainsi qu’un système de valises ? C’est tout l’enjeu de cet essai.
Commençons par une question de principe : peut-on vraiment parler d’une Ninja pure souche pour la SX 1100 SE, alors qu’au lieu du demi-guidon et de la position couchée qui l’accompagne, on trouve ici un guidon large et haut, une position quasi droite, ainsi qu’un système de valises ?
La face avant plongeante, les carénages latéraux profilés et le silencieux alu monté d’un seul côté — disponible en option en carbone signé Akrapovic — associés au système de valises « Clean-Mount » de 2 x 28 litres parfaitement intégré au design, donnent à la moto, dans sa teinte verte maison « Emerald Blazed Green », une allure chic et plutôt sportive. L’écran TFT de 4 pouces paraît un peu daté, mais reste sobre et facile à lire. Trois modes de conduite sont proposés en préréglage, et la cartographie peut également être personnalisée selon les goûts du pilote. Comme il se doit sur une routière, un régulateur de vitesse de série soulage le pilote sur les longs trajets.
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Dès les premiers mètres, on perçoit à quel point cette moto se montre facile d’accès. Après quelques kilomètres à peine, on a l’impression de la connaître depuis longtemps. La SX 1100 se place en courbe avec une agilité déconcertante et très peu d’effort au guidon ; la position légèrement penchée vers l’avant offre un contact direct avec la roue avant. Dans les courbes rapides et longues, la Kawasaki reste d’une stabilité sans faille, sans le moindre mouvement parasite lors des transferts de charge. Les irrégularités du revêtement ne posent aucun souci à la fourche de 41 mm de diamètre ni à l’amortisseur arrière Öhlins réglable, réservé à la version SE. On ne regrette pas franchement l’absence d’un châssis à suspensions pilotées, comme on en trouve désormais sur certains modèles, tant la partie-cycle se montre efficace pour les 235 kg tous pleins faits de la machine. Les étriers radiaux à 4 pistons Brembo, exclusifs à la version SE, avec des disques de 300 mm, se révèlent convaincants en toutes circonstances.
Le 4-cylindres se montre d’une grande douceur aux bas et moyens régimes, un atout précieux pour une routière. À bas régime sur un rapport élevé, aucun à-coup ; à l’accélération, la cylindrée généreuse de 1099 cm³ délivre une réserve de puissance bienvenue. Mais dès que l’on pousse le moteur dans les tours, le tempérament sportif de la Ninja refait surface : les 136 chevaux propulsent la verte vers l’avant avec vigueur ! La boîte de vitesses se montre soyeuse et douce, et le quickshifter fonctionne déjà parfaitement dès 1500 tr/min, à la montée comme à la descente des rapports. L’embrayage se manie avec une légèreté remarquable. Les cinquième et sixième rapports ont été rallongés par rapport au modèle précédent, la SX1000, une évolution qui permet de rouler sur autoroute sans stress mécanique.
Passons maintenant aux points faibles : pour les pilotes de grande taille, la bulle réglable sur deux positions ne protège pas suffisamment les épaules pour une routière, et des turbulences se font sentir au niveau du casque. Quant à la consommation annoncée par le constructeur, 4,8 l/100 km, nous n’avons jamais réussi à l’approcher — sans doute en raison de la traînée aérodynamique supplémentaire générée par les valises, ainsi que du faible kilométrage de notre modèle d’essai.
Pour en revenir à notre question de départ, à savoir si la SX 1100 SE mérite sa place parmi les sportives de la famille Ninja : la réponse est clairement oui. Il est d’ailleurs assez remarquable de voir comment le constructeur de Kobe a réussi le grand écart entre moto sportive et moto de voyage. La version de base SX est proposée à partir de 14 990 €, tandis que notre modèle d’essai en finition SE, avec son freinage Brembo de série et ses suspensions Öhlins réglables, est facturé 16 990 €.
On aime / On n’aime pas
On aime
Le moteur
La prise en main intuitive
Le comportement agile
Le look sportif
La vocation voyage grâce au système de valises amovibles
On n’aime pas
La protection au vent
La consommation, trop élevée
Fiche technique :
- Moteur : 4 cylindres en ligne, refroidissement liquide
- Cylindrée : 1099 cm³
- Puissance : 136 ch (100 kW) à 9000 tr/min
- Couple : 113 Nm à 7600 tr/min
- Norme antipollution : Euro 5+
- Boîte de vitesses : 6 rapports avec quickshifter montée/descente
- Poids : 235 kg
- Hauteur de selle : 835 mm
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